
Retour sur l’ E-Prix de Mexico, remporté hier soir par le brésilien Lucas Di Grassi, vainqueur après un dépassement sur Pascal Wehrlein dans la dernière ligne droite
Le résumé de la course
Il est 23 heures ce samedi soir lorsque l’allemand Pascal Wehrlein (Mahindra) s’élancé de la pole position pour son troisième E-Prix depuis son passage dans la discipline, après avoir devancé durant la Super Pole les brésiliens Lucas Di Grassi (Audi Sport Abt) et Felipe Massa (Venturi), le britannique Oliver Rowland (Nissan e-Dams), le portugais Antonio Felix Da Costa (BMW i Andretti) et le Suisse Sébastien Buemi (Nissan e-Dams). Les deux pilotes français sont plus loin sur la grille de départ, puisque Jean-Eric Vergne (DS Techeetah) est huitième, tandis que Tom Dillmann (NIO) n’est que treizième.
Wehrlein réalise un départ moyen, mais parvient à rester en première position, en bloquant Di Grassi, ce qui permet à Rowland de s’infiltrer à l’intérieur, et de s’emparer de la seconde place devant la brésilien. Ce dépassement permet même à Wehrlein de s’echapper en tête, puisqu’au bout de deux tours, l’allemand compte quatre secondes d’avance sur le reste du peloton.
Dans le cœur de celui-ci, la bataille fait rage. Ainsi, le brésilien Nelson Piquet Jr (Jaguar), parti onzième, met la pression sur Vergne, juste devant lui. Mais le français bloque légèrement la porte. Le fils du triple champion du monde de F1 n’en a que faire, et essaie de passer en force. L’accrochage est inévitable. Piquet Jr décolle, percute Alexander Sims (BMW i Andretti) présent juste devant les deux hommes, avant de terminer dans les rails de l’Autodromo Hermanos Rodriguez. Après un régime de Full Course Yellow, le drapeau rouge est de sortie. Il reste alors 42’30 au chronomètre. Une interruption salvatrice pour Vergne et Sims, qui pourront réparer leur monoplace.
Une demi-heure plus tard, la course reprend ses droits. Après deux tours sous régime de Voiture de Sécurité, durant lesquels tous les pilotes figurant aux quinze première places ont activé leur premier Attack Mode.
Jusque dans les dix dernières minutes, aucune tentative de dépassement n’est à signaler, excepté celle de Mitch Evans sur Jean-Eric Vergne, provoquant le tête-à-queue du français, qui se retrouve dix-septième, loin de la zone des points. Néanmoins, une fin de course à suspense s’annonce pour la gagne, puisque les trois premiers sont roue en roue, Wehrlein ne pouvant prendre le large pour économiser sa batterie. Le second attack mode à disposition de tous les pilotes pourrait être décisif.
Di Grassi est le premier à l’utiliser, alors qu’il reste huit minutes à courir. Cela met la pression sur Rowland, qui se rate au moment de l’activer, permettant ainsi au brésilien de se replacer derrière Wehrlein, dont le pourcentage de batterie est des plus inquiétants.
Dans la dernière boucle, Di Grassi tente de depasser l’allemand. Mais ce dernier court-circuite le virage, lui permettant de conserver l’avantage, avant de tomber en panne de batterie dans la dernière ligne droite. Il est donc dépassé dans les dix derniers mètres par Di Grassi, avant d’être pénalisé pour sa manœuvre du virage précédent, et de terminer sixième, laissant Antonio Felix Da Costa et Eduardo Mortara, sixième à deux tours de l’arrivée mais profitant des déboires des Nissan e-Dams et de Wehrlein pour terminer troisième, accompagner le champion du monde 2017 sur le podium.
Le pilote du jour: Jérôme d’Ambrosio
Leader du championnat du monde avant la manche précédente à Santiago, le pilote belge a réalisé une qualification des plus mauvaises, puisqu’il ne s’est élancé que depuis la dix-huitième position. Mais suite à un bon départ et au chaos provoqué par l’accident de Nelson Piquet Jr, il se retrouve neuvième après trois minutes de course. Les évenements du dernier tour lui ont permis de grapiller d’autres positions, et terminer cinquième. Un excellent résultat pour lui, d’autant plus qu’il lui permet de reprendre la première place au classement du championnat.
La note de la course: 15/20
Avec un départ chaotique et une fin de course invraisemblable, la note ne peut qu’être élevée. Néanmoins, le cœur de la course a été marquée par trop d’attentisme, et les attack mode semblent désormais une arme de défense plutôt que d’attaque, objectif initial de cet artifice.